Dans lequel Marcopolette joue à la maîtresse
Par Anne-Marie Soulier, samedi 29 septembre 2007 à 19:14.
Aujourd’hui, leçon de chinois, et pas de rouspétance !
- Si vous aussi êtes de ceux pour qui les caractères chinois « sont du chinois »,
- si, à la rigueur, vous voulez bien « apprendre la langue » - c’est-à-dire le sens des mots et leur prononciation, mais pas les quelque 3000 signes nécessaires pour déchiffrer un journal,
- si conséquemment, vous vous demandez s’il n’y aurait pas un moyen « simple » - c’est-à-dire occidental – de pouvoir lire un texte à haute voix en recourant à des caractères plus familiers,
eh bien oui, ce moyen existe ! Les caractères chinois peuvent être transcrits dans ceux que nous connaissons ! Ça a même un nom, ça s’appelle le « pinyin ».
Exemple : au lieu des 2 caractères, pour nous énigmatiques, qui désignent la Chine, l’un étant « Milieu » et l’autre « Pays » (la Chine étant l’« Empire du Milieu », du milieu du monde s’entend), le pinyin, sous réserve de règles de prononciation pas toujours évidentes, nous permet de lire sans effort : « zhong guo ».
De même, la France est désignée par les deux caractères qui signifient « Pays des Lois » ou « fa guo », moins en hommage à Montesquieu, semble-t-il, qu’à cause de la prononciation chinoise de la première syllabe (le « r » est escamoté).
Mézalor mézalor, direz-vous, keskil zattande pour généraliser toussa ???
L’exemple ci-dessous va vous le dire tout de suite. Pour bien le comprendre, il faut se souvenir aussi que tous les mots chinois sont composés d’une seule syllabe, mais qui se « chante » (et bien sûr s’écrit) différemment selon le sens. On dit qu’il y a 4 « tons », figurés par des signes qui affectent la voyelle concernée, selon qu’elle doit se prononcer haut perchée, en montant la voix, en descendant, ou en descendant pour remonter aussitôt. Ce qui donne souvent à la langue parlée ce caractère « miaulé » dont on s’amuse quand on est petit (après, il arrive qu’on apprenne VRAIMENT le chinois et tout ce qui va avec…).
Et si l'on abandonnait les caractères chinois pour le pinyin? Délaisser les caractères chinois au profit du seul pinyin simplifierait-il vraiment la vie? Voici ce que deviendrait l'histoire du poète Shi, qui avait fait vœu de manger 10 lions.
Texte original :
施氏食狮史
石室诗士施氏,嗜狮,誓食十狮。施氏时时适市视狮。十时,适十狮适市。是时,适施氏适 市。氏视是十狮,恃矢势,使是十狮逝世。氏拾是十狮尸,适石室。石室湿,氏使侍拭石室。 石室拭,氏始试食是十狮尸。食时,始识是十狮尸,实十石狮尸。试释是事。
试释是事!
Version pinyin :
shī shì shí shī shǐ
shí shì shī shì shī shì shì shī shì shí shí shī shī shì shí shí shì shì shì shī shí shí shì shí shī shì shì shì shí shì shī shì shì shì shì shì shì shí shī shì shǐ shì shǐ shì shí shī shì shì shì shí shì shí shī shī shì shí shì shí shì shī shì shǐ shì shì shí shì shí shì shì shì shǐ shì shí shì shí shī shī shí shí shǐ shí shì shí shī shī shí shí shí shī shī shì shì shì shì
shì shì shì shì
Traduction française :
Histoire du poète Shi qui mangea dix lions
Dans sa maison de pierre, le poète Shi qui aimait le lion, jura qu'il en pouvait manger dix. Il se rendit ainsi régulièrement en ville à la recherche de lions. Un jour à 10 heures, 10 lions arrivèrent au marché. Par chance Shi s'y trouvait également. Après les avoir observés, de ses flèches il les tua tous les 10, puis ramena les corps à la maison de pierre. Il trouva les murs humides et chargea le domestique de les essuyer. Les murs secs, Shi se mit à goûter les 10 lions. Alors qu'il mangeait, il se rendit compte que ces 10 lions étaient en fait 10 lions de pierre. Essayez donc d'expliquer cela!
(Source : site « Chine Nouvelle »)
Et puisque vous avez été bien sages, voici la photo d’un des champignons de schtroumpfs kaki que l’on trouve disséminés un peu partout sur les pelouses du campus, et qui sont en fait, je le rappelle, des haut-parleurs chargés de diffuser des infos, des polkas au ralenti pour signaler la fin des cours, ou même de la musique douce sans objectif précis, « juste pour détendre », m’a-t-on dit.
La semaine prochaine sera vraiment une semaine de détente, « la semaine dorée », fériée pour tous les Chinois, le premier octobre étant la Fête Nationale (avènement du communisme). Il paraît que « la moitié du pays » (soit les six cent millions de Chinois que chantait Dutronc, et dont le nombre a doublé depuis !) se retrouvera à Hangzhou, ville touristique !!! Exagération bien sûr (j’espère), mais s’il vaut mieux éviter le Lac et ses environs j’ai déjà le projet d’aller au Musée de la peinture et de la calligraphie chinoises avec une étudiante en architecture (« Camille ») qui apprend le français et a offert de me guider avec son amie « Jenny ».
Il paraît qu’il fait très froid dans nos contrées. Ici, la chaleur est encore telle qu’on a l’impression que l’air est épais. Ross (le collègue australien envoyé ici tout spécialement par mon ange gardien) ne sort jamais de la salle des profs sans avoir d’abord placé sur ses cheveux blancs son chapeau de jardinier, un paille à larges bords orné de fleurs roses et vertes brodées au raphia. Il n’est pas rare de voir l’un ou l’autre étudiant s’endormir sur une table, tandis que l’enseignant(e) continue vaillamment son dur métier malgré la sueur qui lui dégouline sans arrêt dans les yeux. Oui, la fraîcheur d’un musée et la présence de ces deux jeunes filles feront vraiment partie d’une « semaine dorée » !
En attendant, bon week-end à vous tous, et n’oubliez pas votre petite laine!
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"Roma Villa"



















On a créé des espaces verts pour adoucir un peu cette blancheur
d'hôpital, mais, comme l'a fait remarquer Woody, nulle part de bancs pour
s'asseoir, discuter, réviser, rêvasser. Seulement du fonctionnel, de quoi
bosser :















































