Grandes promenades dans la verdure
Par Anne-Marie Soulier, dimanche 28 octobre 2007 à 19:56.
Hier vendredi, Wu Yongqin, une collègue de français, m’invite à passer l’après-midi dans une forêt de bambous avec Nicolas, le Français qui vit en Asie depuis deux ans déjà. Suite du programme : l’accompagner au marché, puis chez elle, où elle va nous faire un vrai repas chinois avec plein de légumes !
Une forêt de bambous, ça peut être aussi sombre qu’une forêt de sapins :
C’est plein de jolis chemins :
Il y a même des clairières avec des nymphéas chinois :
Le marché n’est pas très loin, ni la maison où vit Yongqin. J’avoue qu’au marché, je n’ai même pas songé à prendre de photos, tellement j’étais fascinée par les étalages de fruits et légumes, les cages où poules et canards attendaient leur sort, et que dire des poissons ? Les poissons de mer sont déjà morts, voire débités en tranches, comme chez nous, car nous ne sommes pas tout à fait au bord de la mer. Mais les poissons de rivière vont et viennent dans des aquariums, ou des bassines en plastique de toutes les couleurs posées par terre – idem pour les crabes, les crevettes, les grenouilles (énormes, elles ressemblent plutôt à des crapauds), et aussi les « tortues à carapace molle » (aussi improbables et hideuses, je trouve, que des créatures de films d’horreur). On emporte donc son poisson tout vivant dans un sac en plastique, d’où il passera directement dans la poêle à frire : voilà qui garantit la fraîcheur !
Nous voici de retour dans le quartier de Yongqin. Des maisons pas très hautes pour la Chine, qui comme Babel doivent dater des années cinquante. L’immeuble de Yongqin est tout à côté de celui-ci, mais libre d’échafaudages.
On voit ici des échafaudages en fer, mais très souvent, dit Nicolas, ils sont encore en bambou, beaucoup plus souple et tout aussi résistant.
Nous sommes rejoints pour la soirée par une autre invitée, une jeune Congolaise qui vit ici depuis quatre ans - on serait tenté de dire « quatre ans seulement », si l’on songe qu’elle parle maintenant couramment chinois, et rédige en ce moment sa thèse en anglais sur des questions de gestion d’entreprise. D’une voix souriante qui efface les consonnes dures, elle raconte le saisissement de l’arrivée, l’horreur de ne pouvoir parler à personne, la curiosité insatiable des Chinois de la rue devant une Noire, le froid, le froid, le froid du premier hiver, l’église enfin trouvée juste le soir de Noël…
Pendant ce temps, dans sa cuisine minuscule, Yongqin nous a mijoté un dîner succulent (poisson, crevettes, aubergines, concombres cuits). Les plats arrivent sur la table, accompagnés d’un vin chinois épais et délicieux. On saisit ses baguettes. La soirée devient magique.
Le jardin botanique.
Tout près de la forêt de bambous, un jardin botanique où m’ont emmenée cet après-midi Camille et Jenny. Promenons-nous sans rien dire, puisqu’on admire sans se poser de questions :
Des nymphéas (Jenny aime bien aussi) :
La maison de thé :
Un tableau ? Non, une fenêtre !
Camille montre au jour un éventail qui se trouvait exposé là, des motifs « Fleurs et oiseaux » sculptés dans du bois :
Ce soir l’air est soudain plus vif. L’automne approche, voici les premières feuilles rousses :
Dernier bouquet, dernière fenêtre…
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. Après, je ne sais pas : il paraît que jusqu’ici j’ai eu un peu plus de travail que je n’aurais dû, et que pour le trimestre d’hiver je n’aurai que deux groupes pour le même cours de « English-speaking countries » - encore un truc très vague où je sens que je vais m’en donner à cœur joie avec Katherine Mansfield, Henry Lawson et autres indispensables – et pour compléter, l’Administration, sévère mais juste, me demandera sans doute une ou deux conférences sur des sujets que je ne connais pas encore, mais qu’importe, la fête sera belle, surtout si j’ai un emploi du temps moins loufoque.





















































































































Xixi Road par beau temps
