Charmés de Noël
Par Anne-Marie Soulier, dans General -# 68 - Fil RSS
Sur Google Earth, on voit très bien, tel l’œil du poulpe géant qui insistait pour suçoter Kirk Douglas dans « Vingt mille lieues sous les mers » (aha ! j’entends des frissons dans la salle…), le grand stade de 60 000 places où ont eu lieu, par exemple, les championnats du monde de football féminin de septembre dernier. Ça ne vous dit rien ? On ne va pas se disputer pour si peu. Ici, on ne parlait que de ça, même que mon arrivée était passée quasiment inaperçue, il faut bien le dire (là non plus, je jure que je n’en veux à personne) (vous avez entendu parler du Bon Dieu et de sa Grande Clémence ? Eh bien, sa grande Clémence, ça serait peut-être bien moi, des fois, je me dis).
Bref, juste à côté, devant, ou derrière, selon comment qu’on le regarde, il y a ça :
Un supermarché chinois très petit-neveu de l’oncle Sam, avec Pizza Hut et MacDo incorporés au rez-de-chaussée. La grande Clémence, qui est aussi une grande sentimentale, y retourne quelquefois trifouiller dans les rayons, en souvenir du jour où elle y a découvert ses tout premiers légumes chinois, et de celui où elle s’est retrouvée à la caisse juste derrière un bonze en robe safran venu s’acheter deux slips boxers avec des petits dessins dessus (avouez que ce sont des expériences qu’on espère toujours revivre).
Quoi de neuf en ce moment au Supercenter chinois ? Ceci : partout des vendeuses coiffées de bonnets rouges, pointus, bordés de blanc, mais très sobres, très chics… vous me direz que c’est ici qu’on les fabrique : certes, certes, mais, pas fous, c’est chez nous qu’ils envoient les bandeaux clignotants, petits grelots, et autres spirales de loufs qui permettent aux bancs de touristes d’une même espèce de se reconnaître dans l’aquarium de la place Broglie.
Le grand-père Coca-Cola joue encore un peu les timides, mais je suppose que ses ravages s’étendent un peu plus chaque année :
Folklore pour folklore, j’accepte l’invitation de Lu, mon élève de français, à « faire des achats ensemble » ce samedi après-midi. D’abord une bonne heure de leçon, pendant laquelle le chauffeur nous attend au bas de Babel dans la Mercedes noire de sa tante. Je repense à mon équipée dans la fusée à roulettes de l’autre jour, aux voitures comme celles-ci qui paraissaient plus énormes encore d’être frôlées de justesse par un virtuose des zigzags…
Lu m’invite d’abord à déjeuner : canard, poulet, crevettes, aloès au sirop, soupe de champignons, soupe de poisson épicée... et de la racine de lotus au riz glutineux (des fois il faut se méfier du son qu'ont les mots à l'oral, "glutineux" c'est pas très joli mais ce truc-là j'en raffole, c'est au premier plan sur la photo mais plus pour très longtemps...)
Le chauffeur nous rejoint, mange un peu, demande un bol de riz, puis s’en retourne au parking. Quand Lu est bien convaincue que j’ai assez mangé, on part se promener dans Hei Fang Jie, la « rue ancienne » où j’étais déjà venue avec Camille et Jenny : une suite de boutiques effectivement anciennes, où l’on trouve tour à tour des soieries, des thés, des parapluies, des peluches, des écharpes, des bonbons, des baguettes dans de belles boîtes, des sceaux qu’on grave devant vous à votre nom (chinois ou occidental), des jouets… bref, toutes sortes de bimbeloteries à marchander, mais aussi de très beaux objets au prix définitif.
Entre les deux rives de la rue, une foule rieuse, curieuse d’autres échoppes encore. Un jeu de massacre :
Un palanquin de mariée où l’on peut se faire photographier (normalement la mariée arrivait tous rideaux fermés, la tête entourée d'un foulard pour se faire une surprise à l'arrivée, et en sanglotant d'épouvante parce qu'en plus on lui avait dit que ça lui porterait bonheur) :
Et… tiens tiens ! Que vois-je ici, faisant concurrence au lion chinois défenseur des portes ?
Ah ! Ça se précise !
Et même…
Mais rassurons-nous : malgré les assauts d’une modernité d’emprunt, c’est encore devant le grand Bouddha tout doré qu’on vient prendre des photos de famille :
A lui, on peut bien raconter tout ce qu’on veut,
c’est un Gulliver qui n’a pas peur des petits lutins :
Et même… ça le chatouille !















Commentaires
#1 - Le mardi 18 décembre 2007 à 01:08, par Bianca
#2 - Le mardi 18 décembre 2007 à 16:31, par Anne S
#3 - Le jeudi 30 juillet 2009 à 18:51, par coca
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