Il a d’abord fallu que je descende à la « réception » de Babel (bien grand mot pour un petit comptoir !) expliquer que ma chasse d’eau était en panne (pardon pour ce détail trivial qui peut pourrir la vie aux meilleurs d’entre nous !). J’avais bien reconnu d‘où venait le mal : chez nous, jadis, un plombier alsacien avait expliqué que c’était le « Schwimmer » - « Ja, ja, vous voyez, ‘s isch de Schwimmer », avait-il répété plusieurs fois, de sorte que le mot, sinon la chose, s’était bien imprimé dans ma mémoire. Et j’avais également appris qu’il suffit de raccrocher un truc à un machin, mais, baste, pour ce faire je ne suis pas encore assez « comme un garçon », et puis faut bien leur laisser quelque menue supériorité de temps en temps, s’pas ? (allez, les boys, je rigoooole).

Bref, je descends à la réception, et là, grâce à mes progrès fulgurants en chinois, je raconte mon problème, et grâce à un petit dessin je demande si je peux bénéficier du « cesuo » de l’appartement inoccupé juste à côté du mien. La jeune fille de permanence me donne les clefs sans hésiter. Je ne sais pas encore comment demain je vais parler du Schwimmer au factotum chinois de la maison, mais me voilà déjà en train d’explorer l’appartement fantôme. Tiens, on a une vue imprenable sur la cour de Babel, et non pas sur l’arrière du bâtiment comme chez moi. J’entends d’ailleurs des coups de marteau. Aha ! Grimpée sur une chaise, une serveuse est en train d'arranger une guirlande de ballons multicolores autour de l’entrée de notre (très) humble cantine, là ou flottait déjà la jupette de velours "Merry Christmas". Fixer des ballons sur un mur à coups de marteau, voilà qui est original ! (c’est son collègue, debout au sol, qui tient le marteau – qu’est-ce que je disais, les boys ?)

  Photo 1

D’ici j’ai également une vue aérienne toute nouvelle sur Xixi Lu. Le marchand de gâteaux :

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La cour d’en face, jusqu’ici mystérieuse… et qui ma foi continue de l’être… C’est d’ici que repart chaque soir un gros camion chargé des papiers et cartons rassemblés toute la journée par les chiffonniers en triporteur. Mais je ne sais rien d’autre…

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Tiens, voilà encore une vue imprenable sur l’un des climatiseurs qui en ce moment nous soufflent de l’air chaud dans les appartements :

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Les bananiers arrachés par le dernier typhon d’octobre ont déjà bien repoussé :

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Ici, on ne vend jamais que des bananes, mais le petit arbre qui pousse sur le trottoir a eu droit, comme tous ceux que je vois ici, à son long bas blanc :

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Je rentre chez moi où le Père Noël est déjà passé, grâce à mon Minou. J’ai ajouté dans le décor le bouquet de chatons offert par l’ange Ciel Bleu :

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Rhume de cerveau, brume dans la tête. Tant pis, vite une bonne écharpe, il faut que j’aille voir de plus près cette nouvelle guirlande… Aaahhh ! Très joli ! Je regrette quand même qu’on ne voie plus les caractères chinois :

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De loin, avec accompagnement des caisses de bière, l’effet est encore plus complet :

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Rentrons vite. Devant Babel les osmanthes achèvent de jaunir à côté des vaillants bananiers. Tiens, on aperçoit aussi des ballons dans la salle du restaurant :

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J’irai peut-être y jeter un coup d’œil demain. Ce soir (soir chinois = 18 heures) : avant-première de Noël avec mes collègues anglo-saxons dans l’appartement de Ross. See you soon !