Un temps magnifique. Même pas froid !
Par Anne-Marie Soulier, dans General -# 75 - Fil RSS
Ce matin, bref voyage à Zijingang campus pour récupérer mes sujets d’examens, plus les pages à en-tête spécial (intitulé du cours, groupe, date, etc.) que j’ai concoctées pour que mes candidats y épanchent leurs chefs-d’œuvre. Là-dessus, il me reste une bonne heure pour flâner avant le passage de la navette qui s’en retourne à Xixi. Je pourrais, certes, prendre illico un taxi, j’en ai vu au moins trois qui attendaient le client devant l’entrée du campus, et j’en ai bien croisé deux autres depuis. Mais j’ai un aveu à faire : depuis que je sais que j’ai donné mon dernier cours, et que l’arrivée dans ces parages ne sera plus jamais synonyme de « stagefright », « Lampenfieber » et autres « papillons dans le ventre » (le trac, quoi !), le compte à rebours a déjà commencé, inexorable, intolérable comme tout ce qui finit. Au moment même où je le vis, j’ai déjà la nostalgie de l’instant présent. Il coïncide bizarrement avec la première découverte des lieux, la première rencontre des autres expatriés, sous la chaleur accablante de début septembre. Entre les deux, qu’y a-t-il eu ? Tant de choses. Presque rien, puisque c’est déjà fini.
Une heure, donc, pour regarder, fureter, croiser des visages que bientôt je ne verrai plus. La saison va changer bientôt. Les jardiniers continuent de s’activer, soigner, préparer la terre pour de nouveaux semis. Les saules dégarnis se regardent sans frayeur dans la rivière : au moins y voient-ils leurs jolis bas blancs :
Même la tour qui abrite la tant redoutée Administration avec ses bureliers cossus qui roulent en voiture – ne les émeut pas :
A côté du petit lac…
…les palmiers ont été emmaillotés pour l’hiver :
Devant la caféteria « occidentale », le champignon musical attend les nouvelles plantations. La terre est déjà prête, les contours tout tracés :
Derrière les colonnes presque grecques du Temple du Savoir – je veux dire de la grande Bibliothèque – l’ombre blanche de l’Ecole d’architecture :
On a dit de l’Opéra de Sydney qu’il ressemblait à une huître enceinte. Cette Ecole-ci, à quoi pourrait-on la comparer ?
A une piste de ski à rebonds pour champions confirmés ?
A un énorme bouillon de culture pour étudier les maladies de la peau ?
Spécial Don Quichotte : à un plat à barbe géant, relégué derrière la porte d’un moulin à vent sans ailes ? (Mmmouais…) :
Quoi qu’il en soit, voilà le mode d’emploi – allez, pour une fois, on vous le fait aussi en anglais :
Juste en face, quelques bâtiments se reflètent dans la vitrine du petit supermarché, où le Père Noël s’accroche encore :
Tiens, un champignon de trottoir !
Voilà, la navette s’en retourne vers la ville. Je constate une fois de plus (ça mériterait un billet spécial, comme tant d’autres choses) que tout comme la Nature, les murs chinois ont horreur du vide. C’est peut-être pour cela qu’on n’y trouve jamais un seul tag : ils sont déjà pré-graffittés, pré-décorés, et même pré-rédigés :
Arrivée à Xixi Campus, et tout de suite une de ces coïncidences saisissantes entre le monde contemporain et l’une des rares images que les livres d‘école nous donnaient de la Chine ancienne. Traversant la rue en même temps que moi, un coolie d’aujourd'hui, avec sa lourde charge qui l’oblige à marcher à côté de son triporteur – mais ce qu’il transporte, ce sont des boîtes de polystyrène :
Et devant le restaurant chic, l’énigme de ces scooters électriques, tous pourvus de balais et recouverts de paillassons :
???

















Commentaires
#1 - Le samedi 5 janvier 2008 à 09:38, par vavainzeskaille
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