Mais je ne vais pas me laisser faire par le froid qui engourdit. Pas rester dans cette torpeur. Vacance ne vaut pas vacances.

Deux idées au moins : aller soit vers le Lac, malgré l’après-midi déjà avancée. Ou bien à la grande librairie où l’on trouve des rayons étrangers, farfouiller partout, regarder les images des livres que je ne comprends pas, et revenir avec un Agatha Christie bien british que je lirai ce soir sans vergogne entre mes deux bouillottes. A votre avis, qu’est-ce que j’ai choisi…. ?

Perdu ! Je suis retournée au Lac !

Sur l’avenue, on voit tout de suite que Noël c’est bien fini, c’était à peine un apéro, les vraies fêtes vont pouvoir commencer :

  Photos 1,      2

Mais le lac, la beauté du lac. Quel que soit le temps, quelle que soit l’heure. Les saules s’effilochent, le jour décline, mais rien n’est triste, le regard s’accorde très vite avec une mélancolie apaisante.

  Photos 4,      5
  6,      7

Cette fois je vais plus loin que d’habitude sur la droite. Voilà le pont, le fameux pont qu’on voit partout sur les cartes postales, prolongé par la grande chaussée où je me promène souvent :

  Photos 10,      11,

  12

Elle aussi est bordée de saules, le soir y descend doucement :

  Photos 9,      13

Tiens, je vais essayer de retrouver le temple et la pagode dont m’avait parlé le jeune Américain taoïste l’autre jour. Ils devraient se voir sur deux collines voisines. En traversant la rue je trouve en effet les marches taillées qui devraient mener à l’un ou à l’autre. La pagode se devine là-haut, longue et pointue : je vais essayer le temple.

Marche après marche, je traverse un hameau misérable où des échoppes sales proposent des boissons et des « xiao qi », petites brochettes en train de tremper dans de l’eau ou de l’huile, on ne sait jamais trop (mais ça peut être très bon, j’en achète parfois, un peu au hasard). Puis voilà une maison de thé. Elle vient de fermer : un serviteur transporte une poubelle bien pleine à chaque extrémité de sa perche en bambou. Monter, monter (la nuit tombe). Bien sûr, je me suis trompée : voilà la pagode. Tant pis, je reviendrai !

  

En redescendant je croise une petite fille toute bondissante dans son anorak rose, avec des lunettes bordées de rose aussi. En m’apercevant elle s’arrête net derrière ses hublots. J’ai beau lui sourire, elle retourne en courant vers les deux personnes âgées qui la suivent, en criant « Ye ye, ye ye ! ». Je me souviens tout à coup que ça veut dire « Grand-père ! ». Une petite Mariette chinoise vient de rencontrer sa première étrangère…