Dans lequel Marcopolette retrouve Marcopolo et le ramène à Babel grâce à un ange bleu.
Par Anne-Marie Soulier, dans General -# 87 - Fil RSS
Shanghai, enfin !
Neige, retards, vols annulés, neige, aéroports fermés, Nouvel An chinois, neige… Heureusement Lan Tian, mon Ciel Bleu, est avec moi, que dis-je ? bientôt avec NOUS !
Il est allé acheter deux billets de train Hangzhou-Shanghai pour lui et moi. Et deux billets Shanghai-Hangzhou pour mon Minou et moi. Dans chaque cas, il a attendu je ne sais combien de temps, pendant que je restais vissée devant Internet à consulter toutes les météos du ciel et de la terre.
De la gare de Shanghai, il m’a amenée d’un trait à l’aéroport. M’a aidée à prendre patience (vol retardé) avec des commentaires rigolos sur les arrivants qui passaient. Après les Retrouvailles !!! (ici il faudrait au moins trois rangées de points de suspension, comme dans les romans chastes quoique minutieux de Frédéric Soulié le bien nommé), et pendant deux grands jours, Ciel Bleu a hélé des taxis, trouvé des restaurants, proposé des musées…
Mais nous a d’abord conduits à l’Hôtel du Capitaine, où Michel a découvert le tricotage de la circulation en Chine depuis la fenêtre de notre cinquième étage :
(Et les nœuds de fils électriques… il ne s’en lassera jamais !)
Pêle-mêle, quelques impressions du musée des arts populaires :
Des meubles laqués
Des chaises qu’on croirait inspirées directement par l’école de Nancy, si elles ne l’avaient précédé de quelques siècles :
Ici, des bateaux :
« Drakkar » vient du mot « dragon » en vieux norrois : à la proue, voilà justement le dragon !
Là, un simple peigne :
Pendant ce temps, la neige est tombée, tombe, tombera…
Mais place aux nourritures terrestres. Nous voici dans un restaurant végétarien, où Lan nous a promis la même nourriture qu’aux moines bouddhistes. Curieusement, le « poisson », le « canard », le « poulet », ont été façonnés de manière à ressembler… à du poisson, du canard, du poulet !
Pluie, neige fondue, nuit, sur un vieux quartier de Shanghai sauvé de justesse de la démolition pour devenir branché :
On y retrouve même le siège des toutes premières réunions du parti communiste chinois – avant qu’une trahison n’oblige les membres à aller se rencontrer sur un bateau au milieu du fleuve :
Le lendemain samedi, retour à Hangzhou. Pas de photos. Neige, neige, neige. Le taxi qui nous trimballe est obligé de nous larguer avant d’arriver à la gare. Nous avons une bonne heure d’avance, mais sans Lan Tian je suis bien sûre que nous n’aurions jamais su où nous diriger pour franchir les cordons de policiers et de soldats qui maintiennent la foule au-dehors. A l’intérieur, les salles des guichets, les salles d’attente sont noires de monde. Heureusement, partout on laisse Lan passer avec nous. Il nous accompagne vers notre salle d’attente, nous explique le panneau lumineux qui annonce notre train. Rumeurs d’océan, sentiment d’impuissance totale devant tout ce qui pourrait arriver (suppression des trains, mouvements de foule…) mais en fait les gens restent calmes. Enfin on ouvre les portes vitrées donnant sur le quai. Enfin nous courons vers notre wagon – Lan avait eu l’astuce suprême de nous prendre des billets de première, pensant (à juste titre) que nous y trouverions plus facilement des voisins parlant anglais. Enfin le train part, mais je pressens que ce n’est pas fini : en effet, à l’arrivée, il faut attendre un taxi pendant plus d’une heure, après avoir traversé des halls et des couloirs où des familles par dizaines se sont déjà installées par terre pour la nuit. Pénombres où l’on distingue couettes, bagages, enfants, vieillards.
Les taxis arrivent un par un, séparés par de longues minutes. Là aussi tout se passe dans le calme, les gens se découragent et s’en vont – Dieu sait vers quelle solution de rechange – ou bien restent à bavarder, téléphoner, plaisanter jusqu’à ce que leur tour arrive. La nuit est tombée depuis longtemps.
Enfin notre tour arrive (Lan m’a appelée entre-temps, inquiet de n’avoir plus de nouvelles). Surprise : Hangzhou est sous la neige, les trottoirs sont inaccessibles derrière des murs de neige. Xixi Lu est méconnaissable, mais Babel est bien là, et là-haut, tout en haut, Marcopolo découvre enfin mon humble demeure – je veux dire notre splendide refuge !











Commentaires
#1 - Le mardi 5 février 2008 à 19:39, par vava
#2 - Le mercredi 6 février 2008 à 21:17, par Anne S
#3 - Le mercredi 6 février 2008 à 21:32, par vava
#4 - Le jeudi 7 février 2008 à 10:15, par les Pl. R.
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