« Cochon qui s’en dédit ! »…
Par Anne-Marie Soulier, dans General -# 90 - Fil RSS
… n’est pas un proverbe chinois (il y en a tant d’autres !), puisqu’on est passé en fanfare de l’année du Cochon à celle du Rat. Fanfare des pétards, fusées et autres délices d’artificiers amateurs, fanfare du programme de fin d’année de la télévision chinoise, mais aussi fanfare des papilles, puisque nous étions invités à passer la soirée de veille du Nouvel An par Cai Tianxin, le poète qui m’a fait venir ici, chez lui, en famille, avec Lily, sa femme, Feng Yi et Fang Si, ses deux petites filles jumelles de 11 ans, et leur petit cousin.
La « soirée » commence dès 5 heures de l’après-midi, mais Lily la passera presque entièrement dans le coin cuisine de leur très bel appartement, occupée à confectionner plein de choses délicieuses qu’elle apportera sans arrêt sur la table :
Eh oui, encore des photos de table bien garnie ! Baguettes ou fourchettes, les Chinois et les Français ont au moins un point commun : la passion pour la bonne chère et les plats joliment présentés, au point de s’en réjouir à l’avance, d’en parler pendant qu’on mange, et de s’en souvenir après !
On boit peu ce soir, juste un peu de vin jaune de Hangzhou dans des bols de poupée, de quoi se porter mutuellement toasts et « gan bei ». Les petites filles n’ont bu que du Coca, mais ce sont elles qui nous régalement de chansons apprises à l’école :
Le repas terminé, à notre grand étonnement, on nous propose une soirée télé ! Mes étudiants m’avaient déjà dit que c’était devenu traditionnel dans les familles de regarder le programme préparé spécialement par la télé chinoise. De toutes façons, ce soir nous n’avons guère le choix : en route donc pour les paillettes, les sketches et les numéros d’acrobatie. Cela devient vite très intéressant de voir ce qui immobilise ce soir un milliard d’individus devant leur poste. On se croirait revenu chez nous à l’époque de la Piste aux étoiles, du grand Echiquier et d’Henri Salvador réunis. Sauf que le kitsch et les sketches sont successivement à la gloire des « militaires qui gardent nos frontières », des « petits métiers » (un serrurier-sauveur), des « minorités » (les non-Chinois qui vivent dans certaines provinces dites « autonomes »), de la grande solidarité dont vient de faire preuve tout un peuple envers les voyageurs bloqués par la neige et qui ne seront pas chez eux ce soir… (en quelques jours on a composé et enregistré une chanson et des commentaires !). On est très fier d’être Chinois. Ça nous paraît certes bizarre, à nous autres habitués depuis longtemps à la méfiance et à la dérision. Mais on est dans un pays immensément soulagé d’avoir enfin le droit de regarder ailleurs, d’exercer ses propres talents, et surtout de s’enrichir sans crainte le mot « prospérité » revient tout le temps. Nous pouvons suivre le programme car Tian Xin a mis la chaîne qui double tout ce qui se passe en anglais. Je picore un mot chinois par-ci par-là, mais surtout les acteurs sont excellents.
Un peu avant minuit, premiers feux d’artifice. Les tours du voisinage semblent être devenues la proie de mille étincelles : ce n’est pas en vain qu’à chaque coin de rue des stands vendant des boîtes de fusées plus énormes les unes que les autres :
Le lendemain, Jour de l’An, nous montons à la grande pagode près du Lac. Là aussi, on se mêle aux familles. Les bonshommes de neige rivalisent de joliesse pour célébrer l’année de la Souris :
Foule bienveillante et pacifique, comme toujours. On se prend en photo, c’est du sérieux !
On nous regarde beaucoup… aujourd’hui aussi, plusieurs fois on me demande de venir sur la photo. J’accepte toujours, bien sûr (dans quinze jours à peine cela ne m’arrivera plus !). Mais cette fois Michel est là pour saisir l’instant :
On redescend vers la ville. Lampions dans les rues :









Commentaires
#1 - Le mardi 12 février 2008 à 12:52, par vava
#2 - Le mardi 12 février 2008 à 15:42, par Anne S
#3 - Le mardi 12 février 2008 à 19:41, par vava
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