Certes, certes, on en a entendu parler, on a vu des photos, on s’y attend un peu… Mais comment ne pas être saisi lorsqu’on s’approche de la fosse où une armée d’argile en ordre de bataille, hommes et chevaux imperturbablement debout, est censée depuis plus de 2000 ans veiller sur le dernier sommeil de l’empereur Yin Zheng. Lequel, aussi cruel que soucieux de sa propre immortalité, condamna les architectes du mausolée à périr aussitôt terminé l’ouvrage auquel il réfléchissait depuis l’âge de treize ans (!) :

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  2390,
  2394,     2398

Les corps d’argile étaient modelés d’abord, cuits dans des fours, puis on leur ajoutait les têtes. Ce qui est extraordinaire, c’est que tous les visages, absolument tous, de cette foule de 6000 hommes, sont différents. On suppose donc que les potiers se sont inspirés des visages de leurs propres camarades.

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Et les chevaux !

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Comme pour les statues grecques et nos églises romanes, les couleurs se sont aujourd’hui effacées, mais les archéologues parviennent encore à reconstituer l’effet d’origine avec les quelques traces qui en restent. On sait ainsi que ces soldats n’avaient pas d’uniforme. Seules les armures étaient fournies par le prince, et encore, à partir d’un certain rang. C’est peut-être pourquoi, malgré la stature altière de l’ « archer agenouillé »,

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… j’ai un faible pour l' « archer debout », si jeune, qui allait au combat sans autre protection que ses pauvres vêtements de paysan :

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Etonnante collision avec l’instant présent : des chevaux à l’assaut d’une fontaine gelée où rêvassent des gardes kaki…

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